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27 Juin 2001

Les rencontres internationales de prospective du Sénat
Le robot, avenir de l'homme ou homme de l'avenir
Palais du Luxembourg 27 juin 2001

Rencontres internationales de prospective du Sénat

Compte-rendu express de la journée
J.P.Baquiast, C. Jacquemin


Nous vous proposons ici un compte-rendu express de cette journée très intéressante (voir programme), afin qu'il puisse paraître dans notre édition du 28 juin. Le prochain numéro de notre revue, prévue pour le mois de septembre, vous fournira de plus amples informations et commentaires*.

On peut dire sans guère se tromper que la rencontre de ce jour au Sénat a véritablement marqué l'émergence en France, sur un plan officiel, de la robotique et de ses enjeux. Le mérite en revient au sénateur René Trégouët. Comme président du groupe de prospective du Sénat, René Trégouët a vu depuis longtemps l'importance du thème et a décidé de mettre au service de celui-ci l'influence qu'il s'est acquise dans les milieux scientifiques par son action incessante pour faire connaître les nouvelles technologies et les progrès des sciences et des techniques. Il en a présenté les aspects scientifiques, politiques et sociétaux avec une très grande clairvoyance.

Ketty Schwartz, directrice de la Recherche, représentant le ministre Roger-Gérard Schwartzenberg, a fait part ensuite de l'importance accordée dorénavant à la robotique et aux actions concertées incitatives (ACI) l'associant à d'autres disciplines.
A sa suite, Francis Jutand, nouveau directeur du département STIC du CNRS, a présenté les appuis qu'il compte faire donner aux recherches du domaine, notamment par l'intermédiaire de l'action Robéa. Le professeur Alain Berthoz, professeur au Collège de France, directeur du laboratoire de Physiologie de la perception et de l'action, directeur scientifique de l'ACI Neurosciences intégratives et computationnelles, a ensuite montré d'une façon très vivante et passionnée comment le dialogue entre les neurosciences et les roboticiens se révèle fructueux pour les deux disciplines.

Nous avons entendu ensuite une riche série d'exposés à la fois très concrets et très informés de scientifiques couvrant à peu près tous les aspects du sujet, à l'exception de la réalité virtuelle qui a été peu évoquée**, orateurs aussi bien français qu'étrangers, provenant autant de l'université que des entreprises.

Un des premiers intervenants était très attendu. Il s'agissait de Hugo de Garis, qui a confirmé le dépôt de bilan du Starlab. Ses recherches sont donc momentanément suspendues, et il cherche semble-t-il un éventuel repreneur.

Nous ne pouvons ici faute de temps donner un aperçu même sommaire des sujets abordés par chacun. Nous reviendrons en détail sur ces exposés dans nos prochains numéros. Voici plutôt les quelques conclusions d'ensemble qui ont paru faire l'accord des participants :
 

  • la recherche et le développement, en France, marquent depuis quelques années une prise de retard qui risque d'être très pénalisante, face à un domaine stratégique essentiel. Ce sont moins les hommes qui manquent que les crédits. Les sommes mises par l'Etat ou les collectivités publiques ne sont pas au niveau de ce que font les pays européens voisins - sans parler des Etats-Unis et du Japon. Les causes en sont complexes : mauvaise image de la robotique, associée à tort au chômage provoqué la mécanisation et l'automatisation, manque d'intérêt des pouvoirs publics et de l'opinion, peu d'empressement des entreprises dans des domaines comme la robotique sociétale qui, au Japon, se révèle un très fort moteur de croissance,

  • les moyens et l'importance que l'Union européenne attache à ces projets sont eux-mêmes très insuffisants. Il conviendrait que les ministres de la recherche européens s'entendent pour que des crédits plus importants soient redéployés, dans le cadre du PCRD ou autrement, en faveur du domaine. Par ailleurs, les difficultés et délais d'attribution des contributions communautaires ne donnent pas à l'Union européenne la réactivité nécessaire,

  • plus généralement, ceci expliquant cela, il a été regretté que la communication ne s'établisse pas bien entre chercheurs et grand public (comme d'ailleurs entre roboticiens et chercheurs d'autres disciplines) Les enjeux et perspectives de la science sont encore en France l'objet de soupçons et procès d'intention, qu'il faudrait absolument prévenir par une information plus systématique. L'absence de la plupart des laboratoires et chercheurs français sur l'Internet n'améliore pas leur image de marque. Beaucoup de participants ont, à ce sujet, souligné auprès de nous le rôle salutaire de notre revue pour faciliter le travail de faire-savoir qui s'impose,

  • les habituelles mises en garde sur la déontologie que les chercheurs doivent respecter sur des sujets pouvant être sensibles ont été réitérées. Mais d'une façon générale, l'enthousiasme des intervenants étaient tels que peu de gens - au moins dans la salle - ont paru partager les craintes de Hugo de Garis relativement à une future guerre entre les robots et les hommes. C'est plutôt le souci de rendre la robotique aussi connue et familière à tous que ne l'est Internet, qui a été exprimé. Nous reviendrons ultérieurement sur ce point très important, concernant la démocratie dans la recherche,

  • si les chercheurs doivent faire un effort de communication et d'explicitation, les citoyens doivent eux-aussi se faire un devoir de comprendre le domaine et de s'en approprier les usages actuels et futurs. Le sénateur Trégouët, dans sa conclusion remarquable, a rappelé à cet égard que le temps libéré par les technologies devrait être employé par chacun pour parfaire sa culture scientifique et intellectuelle, afin de ne pas devenir l'esclave passif de certaines de ces technologies (notamment le virtuel des jeux électroniques).

Ajoutons qu'entre les sessions, de nombreux jeunes chercheurs connaissant et appréciant notre revue se sont manifestés auprès de nous et nous ont incité à poursuivre notre action. La perspective de voir notamment se constituer autour de notre revue un petit groupe de scientifiques s'intéressant à un projet français de conscience artificielle semblait faire l'unanimité auprès d'eux. Sujet à suivre...

*Signalons par ailleurs que les actes de cette journée  paraîtront courant septembre
**Si ce n'est par exemple par Alain Berthoz, évoquant lors de son intervention l'intérêt d'une utilisation possible (sous certaines conditions) de la réalité virtuelle en psychiatrie, pour la thérapie comportementale (patients agora phobiques, patients atteints de panique...).

© Automates Intelligents 2001

 

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