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12 janvier 2014
par Jean-Paul Baquiast

Trous de ver, trous blancs

Un article de Katia Moskwitch, dans le NewScientist (11 janvier 2014, p.10) montre que la Russie, déjà très versée sous l'ère communiste dans la cosmologie et l'exploration spatiale, n'a pas renoncé à ses ambitions. Après un long temps de latence, la petite ville de Pushchino près de Moscou, retrouve sa compétence en radio-astronomie.

Raioastronomie russe

Au début des années 1980, le gouvernement soviétique avait décidé d'y installer le coeur du plus grand des radio-observatoires jamais construits. Il s'agissait du Project RadioAstron qui devait synchroniser les observations de divers radio-télescopes, dont l'un, en orbite autour de la terre, nommé Spektr-R, représentait l'élément le plus original. L'ensemble devait aboutir à un télescope interférométrique à très longue base, dont le disque serait au périgée du satellite 30 fois plus étendu que le diamètre de la Terre. Lorsque l'on sait le coût et les difficultés d'implantation des radio-observatoires terrestres, on peut s'étonner de constater que, ni alors ni aujourd'hui, d'autres pays n'aient tenté cette solution relativement simple consistant à mettre en orbite un élément important du système global.

Spektr-RAujourd'hui, le directeur du Pushchino Radio Astronomy Observatory., R. D. Dagkesamanskii, 75 ans, pilote la recherche des objets les plus exotiques du cosmos, notamment grâce aux signaux reçus du radiotélescope spatial russe Spektr-R. Il s'agit des trous noirs supermassifs identifiables dans chaque galaxie, notamment la radio-source Sagittarius A* associé au trou noir supermassif situé au centre de la voie lactée. L'observation est particulièrement dirigée vers la matière qui échappe au trou noir et qui est située au plus près de l'horizon de celui-ci(1).

Trous de ver

Mais les ambitions sont plus grandes encore. Il s'agit d'utiliser les flots de données recueillies pour vérifier l'hypothèse selon laquelle certaines des émissions qui semblent provenir de trous noirs seraient en fait la signature de "trous de ver". On sait que l'on désigne ainsi d'hypothétiques tunnels permettant de passer d'un univers à l'autre à travers l'espace-temps. Pour distinguer les émissions d'un trou de ver de celles d'un trou noir, on admet que les premières proviennent directement du trou de ver, et non de la frontière du trou noir. Elles devraient donc se présenter différemment à l'observation.

Dans cette perspective, RadioAstron a déjà mesuré la température d'un supposé trou noir situé au coeur du quasar 3C273. Elle est plus élevée que celle attendue d'un trou noir ordinaire.
De plus le quasar présente une signature particulière, sous forme notamment de curieux champs magnétiques. Les théoriciens ont suggéré qu'il s'agissait en fait d'un trou de ver.
C'est ce que va tenter de vérifier RadioAstron.

On imagine le bouleversement qu'apporterait à la cosmologie un début de preuve concernant l'existence de ces mystérieux trous de ver. Certes, passer à travers eux de notre univers à un autre ne serait pas plus facile aux engins terrestres que pénétrer un trou noir. Néanmoins bien des théories nouvelles, peut-être suivies d'observations, intéressant ce que l'on peut appeler le tissu du multivers, devraient en résulter.

Trous blancs

Dans cette lancée, RadioAstrom envisage d'explorer les traces de "trous blancs". Il s'agit d'objets hypothétiques se présentant comme l'inverse des trous noirs. Loin d'absorber la matière, ils la recracheraient en permanence. Cela signifierait que le temps pourrait s'écouler dans les deux sens, autrement dit à l'envers de notre temps terrestre. Accessoirement, cette injection continue de matière pourrait expliquer pourquoi la densité de celle-ci malgré l'intense absorption résultant de l'activité des trous noirs, resterait constante dans notre univers, expansion de celui-ci mise à part.

Il est clair, on le voit, que l'ingéniosité et les compétences de l'astronomie et de la cosmologie russes sont telles que l'Europe aurait un grand intérêt à partager avec ce grand pays les différentes perspectives de la recherche scientifique, dans les nombreux domaines tels celui-ci où les savoir-faire pourraient se conjuguer.

Note
(1) voir notre présentation du livre "Gravity's engines" de Caleb Scharf .

Pour en savoir plus
* Radio
Astron
* Description du projet
* Le téléscope Spektr-R


© Automates Intelligents 2014

 





 

 

 

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