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8 mars 2011
par Jean-Paul Baquiast

Chaos prévisible dans
la réception des signaux GPS


Les signaux envoyés par les satellites GPS servent dorénavant à de multiples usages. Le rôle le plus connu est la localisation. Tout porteur d'un récepteur GPS, avion, navire, voiture, personne physique peut grâce à eux se situer à quelques mètres près sur des cartes ou écrans appropriées. Un autre usage moins connu mais beaucoup plus employé encore est la référence au temps universel. Les satellites donnent l'heure avec une précision inégalée. Ceci est particulièrement utile pour les opérateurs de téléphonie mobile et les gestionnaires de réseaux électriques (grid). Les signaux horaires servent à coordonner avec précision les messages échangés. Plus d'un milliard de récepteurs GPS sont dorénavant en service dans le monde, la très grande majorité utilisant le système américain NavStar.

Or il se trouve que depuis quelques temps, un brouilleur de signaux GPS (jammer) a été mis au point. Il est aujourd'hui fabriqué en Asie et vendu sur Internet pour quelques dizaines d'euros (chacun pouvant le constater en tapant "GPS jammer" sur un moteur de recherche). L'appareil est principalement utilisé par les camionneurs ou autres salariés contrôlés par leurs employeurs grâce à des mouchards GPS. Ils peuvent ainsi produire de faux emplois du temps ou itinéraires. L'ennui est que le brouillage des signaux peut se généraliser à tous utilisateurs dans une aire de quelques kilomètres. Un de ces appareils utilisé dans l'entourage d'un aéroport peut provoquer des catastrophes. De nombreux incidents ont déjà été enregistrés. La généralisation des brouilleurs aux mains d'irresponsables ou de malveillants pourra provoquer autant de dégâts et d'arrêts d'exploitation que le ferait l'explosion d'une bombe à radiation.

Il n'existe pas aujourd'hui de règles internationales prohibant la fabrication ou l'usage de ces dispositifs. De toutes façons, elles seraient inapplicables. D'autres inventeurs, pour la mauvaise cause, étudient actuellement des émetteurs dits "spoofers" (usurpateurs), lesquels ne suppriment pas le signal mais le faussent progressivement sans que l'utilisateur s'en aperçoive – jusqu'au moment où il se retrouve en détresse.

Certains responsables de la gestion des trafics envisagent de remettre en service le vieux système de localisation dit Loran, dans une version renforcée (enhancedLoran). Le Loran (connu dans le nord de l'Europe sous le nom de Decca), que les navigateurs utilisaient systématiquement avant le GPS, fait appel à des émetteurs à terre envoyant des signaux bien plus puissants que les satellites GPS. Mais le coût en serait considérable, sans garantie d'une efficacité assurée face à de nouveaux fraudeurs.

Nous donnons ici la référence d'un article de la revue NewScientist qui détaille le problème posé. L'auteur ne fait pas de philosophie, mais on est en droit de se demander ce qui pousse les humains à pervertir systématiquement tous les systèmes censés rendre plus de services utiles que d'entraîner de nuisances. On dira que le GPS est un système essentiellement militaire devenu aussi un très efficace outil de contrôle social. Alors pourquoi ne pas lui faire quelques ennuis ? Ou alors est-ce qu'un système ayant atteint un certain niveau de complexité génère lui-même les virus qui finissent par le détruire. La parabole pourrait alors s'appliquer à l'ensemble des civilisations anthropotechniques modernes.

Que faire dans l'immédiat ? Une population de bientôt 8 milliards d'humains ne pourrait pas en revenir, pour faire le point astronomique et mesurer le temps, à l'observation du soleil, de la lune et des étoiles, comme le faisaient leurs lointains ancêtres.

--- Référence. Article de David Hambling


© Automates Intelligents 2011

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