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20 Novembre 2002

Formation médicale continue
et édition médicale

par Jean-Paul Bauquiast

Nous avons reçu plusieurs courriers de médecins, suite à l'interview de Claude Meisel publié dans notre numéro précédent.
Ils nous confirment que la presque totalité des praticiens de ville souhaiteraient pouvoir bénéficier pendant toute leur carrière d'une formation continue, estimée indispensable compte-tenu des innovations permanentes qui marquent leur discipline. Mais ils nous disent aussi que, vu ce qu'ils nomment la faiblesse de leurs rémunérations et leurs horaires de travail plus proches des 60 heures que des 35, ils n'ont ni l'argent ni le temps pour se former.

Il leur semble évident que, dans ces conditions, la collectivité, qui sera bénéficiaire à terme de l'amélioration de leurs compétences médicales (et gestionnaires) devra d'une façon ou d'une autre contribuer au coût de cette formation continue - coût d'ailleurs moindre avec les nouvelles technologies de la formation en réseau qu'il ne l'est avec les méthodes traditionnelles.

On peut considérer que le même problème est posé pour une très grande partie des formations continues dont les membres de très nombreuses professions auraient besoin, mais dont ils ne peuvent assurer seuls la charge.

Qui devrait payer, dans le domaine de la santé ? Le rapport 2001 de la Cour des Comptes sur la Sécurité Sociale signale que près de 70% de l'information médicale est sponsorisée par les laboratoires pharmaceutiques et les industries des matériels. Ceci risque d'entraîner un surcoût des dépenses de santé voire des déformations dans le niveau scientifique de l'information.

Conscient de cette situation, l'actuel ministre de la Santé, le professeur Mattéi a créé une commission pour la mise en application de la loi du 4 mars 2002, faisant obligation d'une formation médicale continue. Le rapport de cette commission est attendu dans les jours prochains.

Mais la formation pose immédiatement le problème de l'édition médicale, plus particulièrement de l'édition française qui se trouve actuellement très affaiblie par une puissante concurrence internationale anglophone.

Pour l'essentiel, actuellement, l'information/formation médicale est donnée par l'édition (revues, journaux, livres) et en complément par les congrès, les réunions professionnelles et par les différents stages que peuvent suivre les médecins. Les congrès, réunions et stages sont le plus souvent organisés par les grandes associations de formation médicale, les sociétés savantes et pour la médecine générale par les syndicats médicaux.

Ne serait-il pas nécessaire, dans ces conditions, de s'appuyer en proportion, d'abord sur l'édition, ensuite sur les formations annexes fournies par les associations et les syndicats.

Ceci semble d'autant plus important aujourd'hui que l'édition peut fournir non seulement de l'information papier traditionnelle, mais aussi peut utiliser toutes les possibilités offertes par les supports électroniques interactifs, capable ainsi d'apporter l'information et l'interactivité directement au cabinet de chaque médecin.

Nous sommes en effet entrés de plus en plus massivement dans la société de l'information, ce que beaucoup de nos concitoyens semblent ignorer encore. Quand on sait que 60% des cabinets sont informatisés, cartes Vitale et CPS obligent, il ne reste aucun frein matériel à l'apport d'une information médicale de qualité sur le lieu de travail. Cette information/formation par voie électronique demande des investissements de conception pour l'instant plus lourds que ceux de l'édition traditionnelle. Il est donc impératif de les faire rapidement en France, sous peine de se voir envahir par l'information anglo-saxonne qui frappe très fortement aux portes.

Cependant, l'édition médicale ne pouvant financer seule de tels investissements, à nouveau se posera le problème du financement.

La contribution des médecins ne doit pas être exclue d'emblée. Actuellement, selon les chiffres qui nous ont été communiqués, 20% des médecins libéraux, 40% des médecins hospitaliers et 50% des médecins du travail suivent régulièrement une formation continue par voie de réunions ou de congrès, en plus de l'information apportée par les visiteurs médicaux des laboratoires pharmaceutiques et de leurs lectures personnelles (difficilement évaluable). Mais cette formation est de qualité très inégale. Ne serait-il pas possible de rendre obligatoire pour l'ensemble des ces catégories professionnelles l'utilisation d'une information directe en temps réel sur le lieu de travail, (en aide à la décision diagnostique puis à la prescription thérapeutique). Bien évidemment, les informations fournies devront alors être régulièrement contrôlées et certifiées. Ainsi il sera ouvert un marché direct de l'édition médicale, les médecins se décidant à investir eux-même dans leur propre information en fonction de son renom et de sa qualité.

Mais, comme nous l'avons indiqué, la contribution de la collectivité, c'est-à-dire des Pouvoirs Publics, sera nécessaire. Pourquoi, comme le suggère le Dr Meisel dans son interview, ne pas envisager (par exemple dans le décret d'application de la loi du 4 mars 2002) l'achat de formations, sous forme de souscriptions ou d'abonnements, co-financé par un "chèque formation" distribué à chaque médecin, chèque formation abondé par les établissements de soins, la Sécurité Sociale, les mutuelles et les assurances en complément des laboratoires pharmaceutiques.

Une autre possibilité de financement pourrait être la mise en place d'un "crédit d'impôt" équivalent au montant des dépenses de formation qui auraient été consenties, au bénéfice de formations offrant la qualité requise. Ce crédit d'impôt serait justifié par un meilleur contrôle des dépenses de Sécurité Sociale qui ne manquerait pas d'en résulter et qui serait établi. Le corps médical prendrait ainsi pleinement conscience de son rôle d'ordonnateur des dépenses de la nation aux côtés de chaque citoyen. Mais on peut penser que le ministère des finances n'aimerait guère voir à nouveau utiliser la fiscalité à fin d'intervention économique.

Quoi qu'il en soit, nous pensons que la solution de ce problème du financement de la formation continue médicale est une condition indispensable à l'appropriation par les médecins de ville - les médecins, rappelons-le, n'exercent pas tous dans les Centres hospitaliers universitaires - des progrès considérables attendus du développement des compétences en matière de santé. La bio-informatique, la physiologie intégrative, la robotique instrumentale et d'appareillage, l'intelligence artificielle en matière d'accès aux sources et aux outils de diagnostic, que nous évoquons souvent dans cette revue, pourraient ainsi bénéficier à l'ensemble du corps médical et des patients.

N'oublions pas non plus les avantages que pourraient en tirer de par le monde les médecins francophones. Voilà une question qui devrait intéresser directement, par exemple, l'Institut de Recherche pour le Développement.




© Automates Intelligents 2002

 





 

 

 

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