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Avril 2001

Billet d'humeur
par Jean-Paul Baquiast et Christophe Jacquemin

Qu'attendent les gouvernements pour faire de la science une véritable stratégie pour l'Europe ?


Les gouvernements européens, singulièrement le nôtre, n'ont pas encore compris le rôle que pourrait jouer la science(1) comme grande ambition collective, susceptible d'offrir aux populations des objectifs à long terme autrement motivants que ceux résultant d'une simple amélioration du niveau de vie, aussi souhaitable que soit cette dernière.

Il est vrai que pour la majorité des hommes politiques, croyant en cela relayer l'opinion du grand public, la science est une activité de spécialistes, qui ne rapporte pas grand chose, coûte cher et, finalement, présente des risques justifiant un étroit confinement. De toutes façons, ils estiment que le domaine relève désormais de l'initiative privée.

Or la science a changé dans les dix dernières années, plus peut-être qu'au cours de l'ensemble du 20e siècle, et ce n'est certainement qu'un début. Les Etats-Unis ont pris la pleine mesure du phénomène : l'Amérique du Nord est en passe de définir le monde de demain à la place des autres nations. L'Europe doit-elle laisser faire sans réagir ?

Trois grands objectifs s'imposent aujourd'hui à la science pour combler les lacunes de notre siècle précédent et jeter les fondements de ce que Michio Kaku(2) appelle une civilisation stellaire. Tout d'abord, il s'agit de mieux comprendre les automatismes naturels à l'œuvre dans l'environnement terrestre, sur le plan biologique comme sur celui de la géophysique. Ensuite, de préparer un développement durable au sein du système solaire et du cosmos. Enfin, de mieux analyser ce qu'il y a de spécifique dans l'homme et de mieux en assurer la croissance.

De tels travaux relèvent encore en partie de ce que l'on appelait la Big Science et supposent des investissements lourds, pas immédiatement rentables. Mais ce serait oublier aussi que la recherche scientifique peut aujourd'hui être menée parallèlement dans d'innombrables domaines avec des équipements légers et décentralisés(3), mis en relation grâce à Internet et les réseaux de travail coopératif pouvant réunir des milliers de chercheurs(4).

Ces mêmes réseaux changent aussi radicalement le profil du chercheur. Grâce à eux, l'accès plus facile à des enseignements en ligne et à des bases de connaissances élargit le recrutement à des millions de personnes qui jusqu'alors s'estimaient incompétentes face à la science(5).

Ils permettent en même temps d'étendre les activités de recherche à l'ensemble des disciplines, y compris les sciences humaines, en associant les spécialistes, plus que jamais indispensables, et des volontaires de tous âges et de toutes origines professionnelles souhaitant consacrer une partie du temps libéré par la réduction de la durée du travail à des activités hautement gratifiantes.

Quant aux risques de dérives, par exemple dans les domaines de la génétique ou de la robotique, qui contribueraient à créer l'avènement d'un homme conçu "sur mesure", ils ne sont à craindre que du manque de démocratie - dans l'hypothèse où la recherche resterait le monopole de puissants laboratoires travaillant en symbiose avec des pouvoirs politiques ou économiques à visées impérialistes. L'antidote est précisément la démocratisation et l'ouverture des réseaux de recherche à tous. Cette ouverture s'accompagnera inévitablement de débats sociaux et politiques portant sur l'avenir de la civilisation tel que le souhaiteront l'ensemble des citoyens.

Quant à la question de savoir si les Etats, et l'Union européenne pour ce qui la concerne, ont un rôle à jouer pour financer aussi bien les grands programmes que la recherche décentralisée telle que nous l'évoquons ici, nous dirons que c'est sans doute le seul domaine où l'intervention à long terme des puissances publiques s'impose encore, face à un secteur privé qui ne prendra en charge que des recherches à vocation immédiate. L'exemple des Etats-Unis est d'ailleurs là pour le montrer : le soutien de Washington au programme Missile Defense System, dont les retombées seront considérables, au projet d'avion sonique de Boeing, comme aux divers programmes spatiaux de la Nasa, est sans équivoque. Face à cela les actions nationales européennes, de même que le 6e Programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) communautaire, ne pèseront pas lourd.  

Il paraît évident que des politiques étatiques au profit d'une relance de la science en Europe permettraient de fixer des ambitions collectives à la hauteur des enjeux, tout en apportant des solutions aux difficultés immédiates des nations européennes : réformer l'enseignement et la formation en offrant des objectifs et des méthodes plus mobilisateurs, favoriser l'intégration des jeunes de toutes origines au sein de développements associant les retombées immédiates et le rêve, et finalement refonder de grands programmes indispensables comme le spatial, la physique des hautes énergies, la génétique, la robotique sur des bases démocratiques permettant en toute légitimité de prélever à leur profit une part plus importante du produit national, gaspillé actuellement par centaines de milliards au profit de politiques dont on mesure aujourd'hui les impasses.

(1) Par science, nous entendons ici l'ensemble des activités de recherche et de développement, allant de la recherche fondamentale aux applications technologiques Remonter d'où l'on vient
(2) Michio Kaku, Visions, Albin Michel ,1997-1999 Remonter d'où l'on vient
(3) Lire dans Sciences et Avenir d'avril 2001 : La science miniaturisée, créer une étoile dans son labo Remonter d'où l'on vient
(4) Voir, à titre d'illustration, nos articles concernant le programme OpenCourseWare du MIT et le réseau DataGrid du CERN Remonter d'où l'on vient
(5) Il y a d'ailleurs urgence, lorsque l'on constate la désaffection actuelle des étudiants pour les filières scientifiques  (voir chronique du 23 novembre 1999) Remonter d'où l'on vient

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